L’arthrose de l’épaule ou OMARTHROSE

L’omarthrose (arthrose de l’omoplate) se définit comme étant la destruction du cartilage de l’articulation principale de l’épaule (gleno humérale) qui lie la tête humérale à la glène de l’omoplate.

*    Elle peut survenir spontanément chez les personnes génétiquement programmés au niveau des épaules ou parfois dans la plupart des articulations (maladie arthrosique).

Dans ce cas on l’appelle: OMARTHROSE PRIMITIVE.

      *    Elle peut également se développer dans les suites lointaines :

–    D’’une déformation articulaire à la naissance

–    D’une fracture de la tête humérale ou de la glène de l’omoplate

–    D’une ou plusieurs luxations de l’épaule surtout quand les luxations se font

dans un contexte traumatique violent ou lors de la pratique de certains

sports de contact.

–    D’une rupture massive irréparable des tendons de la coiffe de l’épaule

(Souvent à partir de l’âge de 55 ans)

  • D’une maladie inflammatoire telle que la polyarthrite rhumatoïde, la

Pseudo polyarthrite rhizomélique, la chondrocalcinose,

l’ostéochondromatose etc….

  • D’une ostéonécrose aseptique de la tête humérale

Dans ces cas on l’appelle : OMARTHROSE SECONDAIRE.

 

LE DIAGNOSTIC

Les symptômes les plus fréquents :

  • Douleurs mécaniques et barométriques (aux changements de temps et avec l’humidité).
  • Diminution progressive de la mobilité articulaire globale de l’épaule.
  • Craquements articulaires lors de l’utilisation du membre supérieur concerné, parfois un véritable grincement articulaire.

Les examens complémentaires :

  • La radiographie standard suffit pour le diagnostic d’arthrose.
  • D’autres examens (arthroscanner, IRM ou échographie) sont utiles pour :

*  Déterminer la sévérité de l’arthrose

*  orienter le traitement chirurgical

 

LE TRAITEMENT

D’abord MEDICAL

  • Antalgiques et anti inflammatoires.
  • Rééducation de remodelage articulaire et à visée antalgique et décontracturante.
  • Economie articulaire pour freiner l’usure cartilagineuse.
  • Peu de place pour les infiltrations de cortisone ou de supplémentation synoviale car l’efficacité de ces produits n’a jamais fait ses preuves, au niveau de l’épaule, à court, moyen ou long terme.

Plus tard CHIRURGICAL

  • Changement des surfaces articulaires par une PROTHESE

dont le type va dépendre de la gravité de l’arthrose et de l’importance des lésions  associées et particulièrement l’état des tendons de la coiffe.

  • Plusieurs types de prothèses sont disponibles pour répondre à toutes les formes d’arthrose et ce quel que soit le stade de l’arthrose, l’âge ou le sexe du patient.

La prothèse pour qui et quand ?

  • Quand le traitement médical devient insuffisant pour améliorer le patient.
  • Avant que la raideur ne soit trop importante.
  • Avant la détérioration des tendons de la coiffe.
  • Avant la dégradation de l’état général du patient.
  • Quel que soit l’âge.
  • Quand le risque de l’intervention reste inférieur au bénéfice de l’intervention.
  • Avant que l’état général du patient ne se détériore pour que le bénéfice reste supérieur aux risques encourus.

Les modalités chirurgicales de traitement de l’omarthrose :

 Une seule alternative chirurgicale : la mise en place d’une prothèse de remplacement articulaire, à l’instar de ce qui se fait dans d’autres articulations comme la hanche ou le genou.Il s’agit de la PROTHESE D’EPAULE.

Plusieurs types de prothèse :

  • La PORTHESE DE SURFACAGE HUMERAL

Consiste à remplacer uniquement le cartilage de la tête humérale, quand il est seul cartilage détruit. C’est une prothèse unipolaire s’articulant avec le cartilage de la glène inchangé car il est normal et fonctionnel.

Ses indications sont principalement :

*  L’arthrose à son début surtout chez le jeune patient

*  L’ostéonécrose de la tête humérale

*  Les séquelles de fracture ou de luxations multiples

 

  • La PROTHESE TOTALE ANATOMIQUE, ou (prothèse à coiffe conservée ou réparable)

Concerne la destruction cartilagineuse bipolaire (humérus et glène) ; d’où son appellation bipolaire ou totale. Mécaniquement cette prothèse reproduit le glissement et le dessin naturels de l’articulation qui, malgré l’arthrose, reste centrée.

Ses indications sont principalement:

*  L’arthrose à un stade avancé, bipolaire

*  L’ostéonécrose à un stade avancé

*  Les séquelles de fracture à destruction bipolaire

 

  • La PROTHESE TOTALE INVERSEE, ou (prothèse à coiffe détruite ou irréparable)

 

Concerne la destruction cartilagineuse consécutive à une rupture négligée et/ ou massive des tendons de la coiffe. Dans ce cas on assiste à un décalage de la tête humérale par ascension ce qui aboutit à une omarthrose dite excentrée. En raison de l’excentration articulaire il devient techniquement impossible de réparer les tendons, raison pour laquelle on indique cette prothèse. Mécaniquement cette prothèse est sans glissement. Son principe est basé sur l’inversement de la courbure des surfaces articulaires permettant l’abaissement et le recentrage de l’épaule. Au total cette prothèse permet de restaurer une fonction d’élévation de l’épaule ankylosée ou pseudo paralytique. Ceci se fait grâce à la seule force du muscle deltoïde qui est souvent fonctionnel et suffisant pour opérer une véritable réanimation de l’épaule.

 

Ses indications sont principalement :

  1. Omarthrose excentrée + défaillance de la coiffe
  2. Fracture complexe chez le sujet âgé à coiffe défaillante ou qui risque de l’être
  3. Changement de prothèse anatomique avec défaillance de la coiffe
  4. Changement de prothèse humérale unipolaire avec défaillance de la coiffe
  5. Changement de prothèse inversée avec encoche (complication des toutes premières prothèses inversées implantées entre 1985 ET 2000
  6. Certains cals vicieux après fracture
  7. Tumeurs proximales de l’humérus
  8. Rupture irréparable de la coiffe à un âge supérieur à 75 ans (épaule pseudo paralytique)
  9. Epaule instable résistante aux traitements conventionnels.

 

  • LA PROTHESE DE SURFACAGE PALLIATIVE (appelée spéciale CTA)

 

Elle s’adresse uniquement aux épaules douloureuses par rupture ancienne irréparable de la coiffe avec excentration de la tête humérale, mais qui conservent une excellente motricité par compensation. Ceci représente 1 cas sur 20 dans l’omarthrose excentrée.

La différence avec la PTE inversée c’est :

  • La préservation du capital osseux chez les patients jeunes (prothèse d’attente permettant de retarder la mise de PTE inversée)
  • La moindre agressivité dans la mise en place chez les patients plus âgés qui ont la chance d’être encore compensés pour leur motricité malgré leur rupture de coiffe

Recul, durée de vie et résultats des PTE :            

La première prothèse moderne a été conçue en 1958 par Charles NEER aux USA. Elle traitait la douleur d’une façon efficace mais sa durée de vie était inférieure à 10ans. Il a fallu attendre les années 90 pour que la prothèse d’épaule devienne fiable dans le traitement de l’omarthrose, et avec une durée de vie avoisinant les 12 ans. Actuellement la prothèse d’épaule est encore améliorée avec des nouveaux concepts. Elle est devenue aussi fiable que ses ainées, prothèse de hanche et prothèse de genou. Sa fiabilité est le fruit de la spécialisation des chirurgiens qui se sont concentré sur cette articulation, très délicate et très complexe, Pour inventer des concepts nouveaux, des voies d’abord chirurgicales plus efficientes et enfin un repérage chirurgical plus précis lors de l’intervention facilité par une assistance grâce à l’ordinateur.

GLOBALEMENT LA DUREE DE VIE ACTUELLE D’UNE PROTHESE EST EN MOYENNE DE 15 ANS.

Pour atteindre cet objectif il faut satisfaire à quelques conditions :

 

  • S’adresser à un chirurgien spécialisé qui pratique cette chirurgie d’une façon routinière.
  • Intervenir assez précocement dans les stades de l’arthrose et de préférence avant

l’ankylose et la rétraction musculaire pour avoir un bon résultat non seulement sur la douleur, mais surtout pour la récupération de la mobilité.

  • Etre suivi par une rééducation spécialisée en étroite collaboration entre chirurgien et kinésithérapeute.
  • Respecter sérieusement le protocole post opératoire qui préconise l’économie articulaire pendant au moins 6 mois.

Grace à ces précautions on peut obtenir une récupération idéale proche de 85% d’une épaule normale au même âge, quel que soit la prothèse utilisée qu’elle soit anatomique ou inversée.

Néanmoins les prothèses implantées dans le cas de traumatismes ou avec des antécédents chirurgicaux, ne donnent pas les mêmes résultats globaux mais restent largement bénéfiques au moins pour le soulagement durable de la douleur 

        

ICONOGRAPHIE

 

STADES DE L’ARTHROSE

Ostéo nécrose de la tête humérale
Ostéo nécrose de la tête humérale

Omarthrose centrée
Omarthrose centrée

Omarthrose excentrée

Omarthrose excentrée

EXEMPLES DE PROTHESES

Prothèse unipolaire humérale : (deux types)

Anatomique à longue tige

Anatomique à longue tige

Anatomique à tige courte
Anatomique à tige courte

Prothèse bipolaire totale anatomique

À tige longue standard

 photo 5

À tige semi longue
À tige semi longue

À tige courte actuelle dite (stemless)
À tige courte actuelle dite (stemless)

Prothèse bipolaire totale inversée

À tige longue standard
À tige longue standard

À tige courte récente
À tige courte récente

Prothèse d’attente CTA

À tige courte palliative

(Pour coiffe rompue irréparable mais compensée)
À tige courte palliative

Changement de prothèse

La prothèse d’épaule arrive à s’user physiologiquement au bout de 15 ans en moyenne ( cas des prothèses les plus récentes). Parfois cette usure survient précocement suite à une hyper utilisation ou à un traumatisme violent.

DANS CE CAS IL EST NECESSAIRE DE CHANGER LA PROTHESE.

Le changement se fait souvent grâce à une technique réglée pour laquelle nous avons mis au point une prothèse de révision très performante et qui permet de résoudre le problème de la perte du stock osseux glénoïdien

EXEMPLE DE CHANGEMENT PROTHETIQUE.
CHANGEMENT PROTHETIQUE CHANGEMENT PROTHETIQUE